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E pèr nous douna l'Oli,
Tant joli, tant joli,
E pèr nous douna l'Oli,
Soun gaubi faugu !
Frédéric MISTRAL
(Cancoun dis àvi) |
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Le Moulin à Huile de la Coopérative Oléicole
de la Vallée des Baux, à Maussane-les-Alpilles, a été
construit de 1600 à 1620, sous les deux règnes
de Henri IV et Louis XIII. C'était l'époque où
l'Agriculture, protégée par SULLY, n'était pas
le parent pauvre de la Nation. Il fallait en effet que le Pays soit
prospère à cette époque, pour construire de tels
édifices, si l'on songe que le terroir des Baux, qui comprenait
alors les trois communes actuelles : MAUSSANE, MOURIES et LE PARADOU,
possédait une vingtaine de ces moulins.
Le Moulin de MAUSSANE fut construit par le Seigneur de MANVILLE,
et un moulin à farine y était accolé. L'eau qui
faisait tourner le moulin à blé servait, l'hiver, au
moulin à huile, gros consommateur d'eau à l'époque.
Le moulin primitif s'arrêtait à la partie voûtée.
Le reste a été construit en 1816. On peut voir, creusée
dans la maçonnerie, deux emplacements qui logeaient 3 presses
chacun. En face, les deux parties voûtées rentrantes
étaient à l'emplacement de 2 meules. Chaque meule était
mue d'une série de "cabas" superposés qui
contenaient un certain poids de pâte d'olives (40 à 45
cabas pour une cinquantaine de kilos d'olives). On mettait les cabas
les uns sur les autres, en les arrosant chacun de quelques litres
d'eau bouillante. Etant donné la faible pression que recevaient
les cabas (50 à 60 Kilos par cm²), cette eau chaude était
destinée à favoriser la sortie de l'huile.
Deux presses formaient un "ban". Les usagers comptaient
par bans d'huile et les rendements étaient fixés à
"tant" de litres par ban.
Les cabas (scourtins) étaient
en jonc pressé. Ils étaient l'oeuvre des femmes de paysans
pendant une partie de l'été.
Le personnel du moulin était composé de 6 personnes
: Le Bayle (maître de moulin), le Trieur d'huile, le Charettier
et 3 Ouvriers.
La presse étant montée, l'un des ouvriers mettait en
place la "petite barre" et la presse commençait.
Dès que la pression était insuffisante, on mettait en
place le "baron" et le Charettier aidait à l'effort
des 3 ouvriers. Ensuite, pour la dernière presse, on ajustait
la "grande barre" et le Bayle, ainsi que le Trieur d'huile,
ajoutaient leurs forces à celle des 4 autres.
L'huile était emmagasinée dans des cuves en pierre,
de 200 à 400 litres, dans "l'estive". Cet appartement
était enterré en partie, ce qui permettait de garder
une température stable toute l'année. |
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Texte de l'inscription sur la pierre du moulin
(à l'intérieur de la coopérative)
Entre ces murs épais, plusieurs fois centenaires, Le présent,
dans ces lieux, a rejoint le passé. Sous les meules de grès,
depuis des millénaires, De la pulpe au noyau, tout est bien
concassé.
C'est là que naît pour nous, sous le ciel de Provence
Ce nectar du terroir, à l'arôme fruité, Connu
pour ses vertus d'élexir de Jouvence, Fleuron de mon pays
depuis l'Antiquité.
Si des ans, il subit l'irréparable outrage,
Il a gardé témoin de l'effort routinier,
L'antique presse à main,
Vestige d'un autre âge.
Paul Gonfond - 1987
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C'est dans le giron de mon vieux moulin, sous ses voûtes centenaires
retentissant du bruit sourd des meules qui écrasent mes drupes,
que je viens de laisser sourdre, devant le regard emparadisé
de mes Maîtres,
mes premières gouttelettes vert doré.
Fine, onctueuse, parfumée à souhait et encore revêtue
du voile de ma jeunesse, c'est en ambassadrice des saveurs provençales
que je viens jusque sur vos tables
pour réhausser vos mets, ensorceler votre palais et titiller
vos papilles.
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